HISTOIRE D’ARTISANS D’ICI • ANNIE LEGAULT, AMULETTE

9 juin 2020

Partager

Par les temps qui courent, on a tous besoin d’un p’tit peu plus de belles histoires et de lumière au quotidien. Un dimanche de mai, ma journée a été illuminée par Annie Legault, artisane entrepreneure de la toute première cohorte de Quartier artisan, fondatrice de l’entreprise Amulette. J’ai discuté avec elle de tout et de rien, mais surtout du projet de grande envergure sur lequel elle travaille pour le Groupe Ivanhoé Cambridge. Une chose est claire, son art ne manque pas de surprendre et de semer du beau partout où il passe.

AU JOUR LE JOUR

Quand elle me parle d’Amulette, on sent la passion d’Annie jusqu’au bout du fil. Sa passion, on la sent aussi jusqu’au bout de chacun des matériaux qu’elle utilise pour tisser et créer ses pièces uniques. L’entreprise offre lampes, tapis et pièces tissées à des particuliers, commerciaux et designers d’intérieur. L’œuvre qui a tout commencé n’avait pourtant aucune vocation commerciale. Son projet final de baccalauréat en art visuel, une installation artistique, a été exposé dans la vitrine de la boutique où elle travaillait à l’époque. Du jour au lendemain, elle a enflammé les discussions et attiré l’attention des médias. Plusieurs lampes en jute et pièces d’arts tressées plus tard, une histoire de talent et de passion est devenue un métier.

La fondatrice d’Amulette échappe un petit rire et peine à me répondre quand je lui demande ce qui l’inspire au quotidien. Parce qu’au fond, son inspiration, ce n’est rien de concret ou de précis… C’est maintenant, l’instant présent. C’est le moment où elle se retrouve seule dans son atelier et se laisse guider jusqu’où l’œuvre la mène, faisant confiance à chacun de ses mouvements.

« Je suis corps à corps avec la technique, je ne m’impose pas de limites. Je laisse le matériau me parler. »

AMULETTE ICI ET LÀ-BAS

Pour elle, l’authenticité est la clé du succès. Il suffit d’aller visiter le compte Instagram d’Amulette (@anilego) pour comprendre l’unicité de sa signature artistique. Ses pièces sont de celles qu’on pourrait voir une seule fois dans notre vie, mais ne jamais oublier !

Cette vision unique permet à Amulette de voyager autour du monde : des plateaux de tournage de Los Angeles, foyers de Milan et commerces de Londres ont une touche d’Amulette entre leurs murs. De nature enthousiaste, quand je lui demande quel est le projet le plus fou sur lequel elle a travaillé, Annie en nomme un, réfléchit un peu et finit par en nommer un autre, puis un autre. Entre autres, l’une de ses pièces a été exposée au Musée des Beaux-Arts de Montréal aux côtés des créations de Denis Gagnon; elle travaille avec des designers d’intérieur des 4 coins du monde et développe actuellement ce grand projet avec le Groupe Ivanhoé Cambridge.

LE TALENT D’ICI EN VEDETTE

Aux yeux des artistes, une carte blanche est le comble du bonheur et donne la liberté de laisser vaguer sa créativité. C’est ce que le Centre Eaton de Montréal (Groupe Ivanhoé Cambridge) a proposé à Annie dans le cadre de leur nouveau projet mettant en vedette les artistes émergents québécois.

Dans l’objectif de transformer l’expérience client de leur centre commercial, tous les six mois, des œuvres de grande envergure d’artistes locaux seront exposées dans des points clés du centre commercial. Et c’est Annie qui ouvre le bal en compagnie d’une autre artiste locale.

Sous le thème Floral et oasis bucolique, Annie a développé cette œuvre d’art visuel avec une confiance rassurante des promoteurs du projet.

« Avec un niveau de confiance aussi élevé en mon travail, j’excelle. Je leur montre où je m’en vais, mais ils connaissent ce que je fais et sont excités de ne pas savoir exactement où tout cela nous mènera. Je suis libre de créer. »

Cette installation suspendue unique en son genre sera exposée dès la réouverture du Centre Eaton, dans la vitrine centrale sur la rue Sainte-Catherine, immanquable dans le centre-ville montréalais. Une vitrine (littéralement), qui permettra aux talents d’ici de se déployer et d’afficher leurs couleurs où des milliers de personnes les croiseront chaque jour.

ET LE FUTUR DANS TOUT ÇA ?

Comme ancienne accélérée de Quartier artisan, elle considère que les outils qu’elle a amassés grâce à l’organisme lui ont permis d’élargir son réseau de contacts, d’apprendre à aller chercher de l’aide et de sortir de l’isolement auquel les artisans entrepreneurs sont parfois confrontés. Circonstances obligent, l’isolement dans l’atelier est actuellement un peu plus fréquent. Habituée du travail en solo, le quotidien d’Annie a plus ou moins changé avec la situation actuelle. Elle est cependant optimiste face à demain.

« En confinement, j’ai appris à transformer le négatif en positif, à surmonter les moments difficiles et compris qu’ils ne durent pas. Que ce soit d’aller marcher à l’extérieur ou de créer, l’important, c’est de ne pas faire du sur place. Et pour moi, tout passe par la création. C’est ce qui me permet de ne pas faire du sur place. »

Ce sont des créations locales comme celles d’Annie, qui nous permettent de nous entourer de belles choses qui nous marquent et qui nous font sentir bien chez soi. Mais ce sont aussi ces créations qu’on a hâte de pouvoir partager avec ceux qui nous sont chers, à s’extasier devant le talent de nos artistes d’ici.

Et une petite touche d’Amulette, ça fait toujours du bien, seul ou réunis.

Collaboratrice : Émilie Giguère

Collaborations : GOYE & Noémiah

Poursuivre ma lecture